Jusqu’au 2 juillet 1945, 45 ans exactement après la pose de la première pierre, les bâtiments vont être petit à petit remis en état par une grande partie des sœurs, revenues les unes après les autres et par de nombreux travailleurs bénévoles. Les dernières sœurs peuvent enfin rentrer et la vie conventuelle reprendre son cours normal sous la direction de l’abbesse Regintrudis Sauter toujours aussi dynamique à 80 ans. Le nombre croissant de jeunes filles rejoignant la communauté permet à celle-ci de se reconstruire progressivement et de reprendre un nouvel élan.

Quatre nouvelles cloches, remplaçant les anciennes saisies pendant la guerre, sont bénies et baptisées le 1er juillet 1952 par l’abbé de Maria Laach, Basilius Ebel. 
Le 4 août 1955, l’abbesse Regintrudis Sauter, agée de 90 ans, se retire après 47 ans de fonctions. Le 8 août, Mère Fortunata Fischer est élue à sa succession. Elle recevra la consécration («Consecratio») de l’évêque suffragant Walther Kampe de Limburg, le 17 septembre 1955. Sous la tutelle de l’abbesse Fortunata Fischer, le couvent va connaître quelques changements importants. Les moniales et les soeurs («Sorores»), séparées jusqu’ici en deux couvents distincts vont être réunies en une seule communauté. Conformément à la réforme liturgique du Concile Vatican II, l’espace de l’autel et le chœur des religieuses, dans l’église, vont être réaménagés. La consécration solennelle du nouvel autel, le 7 septembre 1967, clôture la réalisation des deux projets.

L’année suivante, un nouvel orgue est installé. Les hautes grilles en fer forgé séparant jusque là le chœur de l’église ainsi que les parloirs vont être supprimées.

Le 8 août 1978 Mère Abbesse Fortunata Fischer cède sa place à Sœur Edeltraud Forster. Celle-ci, élue par la communauté devient la 3ème abbesse de la nouvelle abbaye Sainte Hildegarde et la 38ème descendante de Sainte Hildegarde. Sa consécration aura lieu le 15 septembre 1978 en présence de l’évêque Dr. Wilhelm Kempf de Limburg. Le 5 mai 1988 est une des dates importantes qui ont marqué son abbatiat. Ce jour-là même, dix sœurs du couvent d’Eibingen s’installent dans l’ancienne abbaye cistercienne de Marienrode près d’Hildesheim et font ainsi revivre, après 180 années d’interruption, une très ancienne tradition monastique en Basse-Saxe. 84 ans après la fondation de la nouvelle abbaye Sainte Hildegarde, la vie bénédictine, l’esprit et la pensée de Sainte Hildegarde ont porté et portent encore leurs fruits dans les temps modernes. Dix ans plus tard, le 5 mai 1998, le couvent filial de Marienrode devient indépendant et Sœur Maria-Elisabeth Bücker est nommée pour 4 ans, prieure-administratrice par l’abbesse Edeltraud Forster. La même année se termine, le 21 septembre 1998, par la célébration du 900ème anniversaire de la naissance de Sainte Hildegarde, au terme de laquelle l’abbesse Edeltraud Forster quitte ses fonctions en raison de son âge. Suivra le premier octobre, l’élection de Sœur Gisela Happ comme prieure-administratrice.

Le 23 août 2000, Sœur Clementia Killewald est choisie comme abbesse, et 39ème descendante de Sainte Hildegarde. Le 3 octobre 2000, elle reçoit la consécration abbatiale de l’évêque Dr. Franz Kamphaus de Limburg. Elle choisit pour devise : «Dominus ipse faciet» – Le Seigneur agira (Psaume 36/37,5). Le 28 mai 2002, la communauté conventuelle de Marienrode élit Sœur Maria-Elisabeth Bücker comme prieure du couvent pour 12 ans. Nous faisons confiance à la parole choisie par Mère Abbesse Clementia et guidées par Dieu, regardons l’avenir avec confiance.