Ce dernier trouve son expression dans la mélopée «Ordo Virtutum», «l’Ordre des Vertus» dont la musique et les textes ont été composés par Hildegarde. Vices et vertus, confrontées dans 35 dialogues, symbolisent la lutte perpétuelle entre le bien et le mal, en l’homme lui-même et dans le monde. En 1150, après avoir quitté le Disibodenberg, non sans de longues et pénibles discussions, Hildegarde accompagnée de 20 religieuses, s’installe au monastère de Rupertsberg. C’est là que sera joué pour la première fois, en 1152, le drame allégorique musical – le tout premier transmis avec accompagnement musical. Il sera joué pour la seconde fois, dans sa version originale, 800 ans plus tard, en 1982 dans le décor roman grandiose de l’église Saint Martin (Groß Sankt Martin) à Cologne. Le thème de base d’«Ordo Virtutum» réapparaît et se confirme dans le deuxième grand ouvrage d’Hildegarde «Livre des mérites de vie» dans lequel elle évoque le juste choix de l’homme à faire entre le Bien et le Mal, entre croire et ne pas croire, entre se tourner vers Dieu ou s’en détourner. Vices et vertus confrontent leur argumentation dans une mise en scène à la rhétorique grandiose. Leurs discussions sont toujours interrompues par le mot «Vir» (= Dieu), omniprésent dans le ciel jusque dans les profondeurs de l’abîme. L’homme, selon les principales aspirations d’Hildegarde a été créé libre, libre tout au long de sa vie de vivre dans la création, à l’image de son Créateur, de s’élever vers Lui «Deviens celui que Dieu a créé.», «Homme, deviens homme.»

Ces deux maximes pourraient être empruntées à la pensée d’Hildegarde.