La nouvelle abbaye bénédictine Sainte-Hildegarde dont la construction s’étendit de 1900 à 1904 surplombe aujourd’hui l’ancien monastère d’Eibingen. Son fondateur, Prince Karl zu Löwenstein (1834 – 1921), une des grandes personnalités du catholicisme au 19e siècle, s’était donné pour tâche de faire revivre la tradition des monastères d’Hildegarde dans des lieux historiques.

Dans l’abbaye, reconstruite en style néo-roman vivent aujourd’hui 52 sœurs âgées de 27 à 95 ans. Comme toute religieuse Bénédictine – et comme Hildegarde de Bingen elle-même – elles conduisent et régulent leur vie selon la Règle de Saint Benoît, qui est, depuis plus de 1400 ans, toujours valable, intemporelle et actuelle dans ses principes de base. A la racine et au cœur de toute vocation bénédictine, il y a la recherche de Dieu. Celui qui se sent appelé et qui désire vivre sa vie entièrement en présence de Dieu promet de se laisser lui-même guider par l’Evangile, de placer Dieu au centre de son existence et de Le chercher dans chaque être, dans chaque évènement et cela dans la communauté de ceux qui ont choisi et pris le même chemin.

La vie bénédictine est une vie essentiellement commune. La Liturgie et l’Office divin y tiennent une place centrale. Puisque « Rien n’est à préférer à l’œuvre de Dieu » selon la Règle de Saint Benoît, la journée est scandée par les rassemblements communautaires de l’Office ; sept fois par jour, les sœurs se réunissent dans le chœur pour la prière communautaire. Les prières liturgiques sont en grande partie chantées en latin. Le plain-chant s’harmonise ainsi aux mélodies ancestrales du Chant grégorien qui interprète musicalement la parole de Dieu d’une manière sublime. La prière personnelle, les temps de silence, la lecture spirituelle sont eux aussi inséparables du quotidien.

Conformément à la parole de Saint Benoît, « les vrais moines (ou moniales) sont ceux qui vivent du travail de leurs mains », le travail des sœurs – au magasin où l’on vend entre autres des livres et objets d’art, dans les vignobles, au service vente des produits à base d’épeautre et de liqueurs, dans les ateliers d’orfèvrerie, de poterie et de restauration – sert avant tout à assurer la subsistance de la communauté. Les travaux de recherche scientifique sur l’œuvre d’Hildegarde, l’accueil et l’encadrement de groupes de visiteurs et de pèlerins font aussi partie des tâches des sœurs Bénédictines. Elles s’occupent, en outre, de l’accompagnement spirituel de ses hôtes venus chercher en ce lieu, le silence, le recueillement, la retraite spirituelle. Les sœurs essaient de reconnaître, dans chacun d’entre eux, l’appel de Dieu auquel elles désirent répondre. Tout parle de Dieu, de Son Amour, ce qu’une communauté bénédictine cherche à témoigner par sa présence dans le monde.

 

Sœur Philippa Rath OSB